CONSCIENCE COLLECTIVE

Immigration

Chronique: Melilla où le drame de la honte

Tentant de traverser par la force la clôture séparant le Maroc de l’Espagne, environ 37 migrants ont perdu la vie le jeudi 24 juin dernier à Melilla, l’enclave espagnole à un jet de cailloux de du royaume Chérifien. Des morts qui, non seulement mettent à nu l’incapacité et l’irresponsabilité des pays de départs mais aussi rappellent, traits tirés, l’esclavage.

Chronique

   Ils ont dragué le rêve occidental mais ils caressé la mort sur les rives de la Méditerranée. Aidés pour beaucoup par des forces de sécurité marocaines et espagnoles, qui excédés ou zélés, ont permis d’agrandir le périmètre nécropole du royaume des shérifs. 37 officiellement, plus de 100 pour d’autres, les chiffres vont bon train et le drame s’éternise. Mais la mort, ça c’est sûr et certain, a fauché des vies à Mélilla cette enclave malheureuse qui sépare le Maroc de l’Espagne. Des petites vies en quête de mieux être même si l’on peut épiloguer à souhait sur l’opportunité de la démarche. Des bambins pour la plupart, ceux dont on dit à tue-tête qu’ils sont l’avenir du continent alors que dans les faits, ni ceux qui disent, ni ceux à qui on dit, aucun ne croit un traître mot ces dires semblables à des délires. Et pour preuve, c’est par milliers qu’ils tentent l’intentable, quitte à mourir comme nous l’avons tous vu à Mélina le vendredi 24 juin dernier. Des morts, beaucoup de morts de mômes, qui ne font cependant plus ni chaud ni froid. A personne, sinon leurs seules familles proches dont la culpabilité pend parfois jusqu’au nez. Aucun autre cocorico. Ni provenant des pays d’origines de ces désormais cadavres, ni de l’Union Africaine, ni rien. Rien de rien. On aurait dit bon débarras. Quelle indifférence ! Quel silence pour ne pas dire qu’elle capitulation ! Oui de la capitulation. Parce ce que ça fait des décennies que ça dure. 3000 morts rien que pour la seule année 2021. Combien cette année, combien les années antérieures, et combien les années à venir ? Oui de la capitulation, parce que, que d’annonces! Chaque pays pourvoyeur a créé des organismes de lutte, reçois souvent de fonds extérieurs, paye des fonctionnaires à cirer Des bureaux. Et ça donne ces résultats. Des morts et des morts. C’est chez nous qu’ils fuient par milliers pour aller chez eux. Là-bas, dit-on, où le ciel est encore plus bleu. Capitulation, il faudrait parler aussi de faillite, d’irresponsabilité et donc de honte. Oui personne ne devrait afficher sa fierté africaine et rester Impassible face à cette ‘‘juvénilicide’’ . Personne, et les gouvernants en tête. Responsables ils étaient, responsables ils le sont et le seront aussi longtemps que cette tragédie durera. Et pourtant ils n’ont jamais été aussi fiers. D’où tire-t-on cette capacité à être fier dans ‘‘l’infierté’’? L’immigration clandestine et son cimetière méditerranéen sont le caleçon troué et visible de cette Miss monde qu’est cette autre Afrique. Qui fait genre. Cette Afrique des anti impérialistes en carton, des anti esclavagistes papillons, capable de retourner dans l’histoire pour faire la guerre aux colons et leurs commerçants d’hommes , et incapable de bouger le petit doigt quand il s’agit de ce phénomène dont les traits esclavagistes sont visibles plus que du blanc sur du noir. Il n’y a qu’à faire le parallèle entre la traite négrière et l’immigration clandestine d’aujourd’hui, vous soustrayez le temps et le poids de l’évolution, vous ne verrez que de l’esclavage bon teint. Des esclaves à la place des migrants, des passeurs à la place des négriers, la pacotille autre objet d’échange autrefois, remplacé par plus abstrait et non moins pacotille, le rêve occidental.                                                                           

Deux époques, des morts et des morts avec leurs lots d’humiliation, de déchirement, d’émois et de peines. Le Maroc et l’Espagne qui viennent de se serrer la main après une brouille éclaire doivent se dire dans cette tragédie, mais qu’est- ce qu’on a merdé?                                                                            Seulement à deux, ils n’emporteront pas dans leurs tombes toute la responsabilité de ces dizaines de corps sans vie. Non. Ils n’emporteront d’ailleurs qu’une petite partie. A Dieu de déterminer la responsabilité des pays de départ. Laisser l’immigration clandestine perdurer avec tout ce que l’on sait comme conséquences désastreuses, c’est comme marcher nu et arborer un kéfié de diamant.        Hon hon!!! Ce n’est pas ça l’intégrité et la dignité africaine qu’on aime tant faire entendre. A moins que ces mots ont changé entre temps de définition ou du moins l’on ne veut pas que ça change. Et hélas tout porte à croire que  le changement n’est pas pour demain. Car toutes les forces sont mobilisées pour soit faire des coups d’Etats ou pour modifier des constitutions, ou soit embastiller et bâillonner son peuple avec une seule vision, se servir, bien se servir. La jeunesse peut aller au diable. La méditerranée même est petite.

Ne dit-on pas que l’on ne peut pas poursuivre deux lièvres à la fois! Ils ont choisi leur lièvre. Ainsi va la lutte contre l’impérialisme, à l’africaine. Paix aux âmes de ces autres victimes du système. C’est sûr que demain encore on comptera des morts sur cette route de la mort car cette jeunesse dite décomplexée préfère s’en aller que de s’aligner.

 ADIEUX, CHERS insoumis !

Issa BADINI

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